Brest Évenements Nautiques

Philippe Monnet et Olivier de Kersauson ont ouvert la voie à la fin des années 1980. Depuis, tous les chasseurs de record viennent s'amarrer à Brest, point de départ et d'arrivée de tous les records. Qu'ils se disputent en solitaire, en équipage. Sur monocoques comme sur multicoques géants.

A l'origine, il y avait le goulet. Le phare du Petit Minou et le plateau des Fillettes. A un journaliste parisien qui lui demandait pourquoi il avait opté pour cette ligne de départ et d'arrivée, Philippe Monnet avait eu cette réponse, sous forme de boutade : "Cela incite au retour, non ?". C'était en 1986 et Monnet se préparait à larguer les amarres pour un tour du monde, en solitaire, sur le trimaran "Kriter". Comme il s'agissait d'une première, il avait imaginé un règlement : "Un règlement calqué sur les règles de la course au large en vigueur à l'époque et qui stipulait que ce tour du monde devait se faire sur multicoque, en solitaire et sans escale". Monnet s'autorisait le droit de mouiller dans une baie pour réparer en cas de problème, "mais je m'interdisais tout ravitaillement et aide extérieure".

Pour le marin originaire de La Clusaz, la question du point de départ et d'arrivée ne s'était pas posée longtemps. Pour lui, c'était forcément Brest. "Parce que c'est en Bretagne, dans une rade très agréable. Parce que le public pouvait me voir partir dans le goulet. Et surtout parce que le goulet, c'est une porte d'ouverture sur le monde. Tu passes la ligne et tu es déjà au large, en course. Et puis, quant tu rentres de ton tour du monde, même si tu as 45 nœuds dehors, une fois que tu as coupé la ligne, tu te retrouves dans une rade apaisée. J'aimais l'idée de commencer et de finir un tour du monde dans un tel endroit". Avant Monnet, auteur d'une circumnavigation en 129 jours 19 h 17', il y avait bien eu Alain Colas mais le skipper de Manureva s'était élancé de Saint-Malo le 8 septembre 1973. Après avoir effectué une longue escale à Sydney, Colas était revenu dans la cité malouine le 28 mars 1974, soit après 169 jours de mer.

C'était l'époque où les marins partaient d'où ils voulaient. L'époque où chacun bidouillait dans son coin. Aujourd'hui, les choses ont changé. "Dans l'esprit des marins, les choses sont claires maintenant : un tour du monde, ça part et ça revient à Brest", termine Monnet.

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