01/01/1970

Le Vieux-Port remet les Voiles

Après une année de disette, la treizième édition des Voiles du Vieux-Port a été lancée avec douceur, lors d'une première journée plutôt calme pour les trente-deux bateaux d'exception venus croiser en rade phocéenne. 

Grande journée, comme le sont toutes en tradition et, surtout, en ouverture, mais petit temps sous le ciel gris de la rade phocéenne. Une météo de gueule de bois, comme un souvenir vaporeux de la victoire bleu-blanc-rouge de la veille au Vélodrome. Une flotte d'une bonne trentaine de bateaux (une dizaine de pré-inscrits n'ont pu rejoindre Marseille, victimes des conditions météo), parmi les plus éminents du patrimoine, guidée par Thistle, un côtre aurique à la fois le doyen (1890) et le plus petit (7m) du lot, ou encore le plus grand, Running Tide, un sloop bermudien de 18,20 mètres. On y a remarqué, également, trois vainqueurs de la dernière édition, en 2014, avec le sloop Marconi en bois d'acajou Maria Giovanna II, le Q-Class américain Jour de Fête et le « 8 Metre Cruiser Racer » Sonda d'Eric Leprince. Du beau monde.

Du coup, pour cet apéro, un seul parcours lancé peu après midi en rade sud, avec l'île du Planier en ligne de mire. Et un retour réduit au Cap Caveau, sous un vent de sud-est faiblissant bien en dessous des prévisions. Les supporters de football auront vainement attendu le coup de tête de Griezmann sous la forme d'un souffle salvateur en fin de journée mais le miracle, hier, n'a pas eu lieu.

Le miracle, chez les voiliers de tradition, est plutôt contemplatif. Et parfois anachronique. Comme de croiser, sur le ponton, l'équipage du Matakiterani, sourire aux lèvres, attablé pour déguster une tasse de thé dans un service en porcelaine. Petit plaisir saisi parmi d'autres qui, mis bouts à bouts, relève d'un hédonisme affiché ou, tout du moins, d'une certaine philosophie de vie.

Echos de tradition

Oryx, un peu d'air du Languedoc et de Belgique

Oryx fait partie des nouvelles silhouettes présentes dans la flotte des Voiles du Vieux-Port. Enfin, pas exactement nouveau puisqu'il est déjà venu il y a cinq ans. Un imposant côtre bermudien de 1966 affichant 16 tonnes sur la balance au vernis encore brillant. « Normal,  explique Martin Chaufour, l'un des heureux co-propriétaires, il sort de deux ans de travaux à Gruissan dans les mains de Yann Berthemet ». Le 49 pieds, construit sur des plans Illingworth & Primrose, était destiné à courir l'Admiral's Cup. « Il a fait une deuxième place mais a gagné la Fastnet et la traversée Cowes-Dinard, confie le propriétaire. On l'a racheté en 1998 et on a formé un équipage d'amis, tous des Français vivant en Belgique. » Un bateau taillé pour le gros temps, efficace au près, qui participera à quelques courses du circuit Classique. Ici, donc, mais aussi aux Régates Royales de Cannes et aux Voiles de Saint-Tropez au début de l'automne. Entre temps, retour au bercail languedocien. Pour une petite couche de vernis.

Atalante, en habitué des lieux

Le projet de la famille Sirven-Villaros suscite toujours de belles histoires. Depuis 12 ans, depuis qu'il ont acheté ce côtre bermudien de 1927, Véronique et François Sirven-Villaros et leurs deux filles se sont offerts une occupation majeure, un investissement qui occupe tout leur temps libre, une façon très particulière de naviguer. « On passe 40 week-ends par an à bichonner le bateau, analyse Véronique, on a tout le temps quelque chose à faire, ce n'est jamais fini. Avec pour objectif principal de redonner vie à ce trésor du patrimoine. Mais aussi partager ce plaisir. On fédère plein de jeunes marins issus de la bourse aux équipiers. La première chose qu'on leur dit quand ils arrivent c'est qu'on garantit la bonne humeur, pas le résultat. Le plus souvent, ils découvrent un autre monde, différent de celui de la course. En fait, pour nous, les régates nous poussent à prendre soin de notre bateau, à être encore plus méticuleux... » Et avec ce leitmotiv qui résonne comme un regret : « On aimerait tant en faire plus... »

Classements (après une course) :

Groupe Epoque Marconi 2  : 1. Windhover (Olivier Poullain), 2. Sonda (Eric Leprince)...

Groupe Epoque Marconi 1  : 1. Irène VIII (Thomas Roche), 2. Nagaina (Nathalie Berthoz)...

Groupe Epoque Aurique 1 : 1. Nin (Yves Laurent), 2. Lulu (Denis Rebuffat)...

Groupe Classique Marconi 2 : 1. Maria-Giovanna II (Jean-Pierre Sauvan) ; 2. Oryx (Martin Chaufour)...

Groupe Classique Marconi 1 : 1. Kertios (Franck Bourriot), 2. Emeraude (Vittorio Cavazzana)...

 

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