01/01/1970

Les fées étaient de la partie !

Au terme d'une superbe deuxième journée, la course a pris son envol. Lancés dans un parcours autour des îles du Frioul, la trentaine de bateaux ont écrit de belles lignes de la Voile Tradition.

Les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules. En manque de vent et de soleil pour l'ouverture de ces Voiles du Vieux-Port, les fées de la rade phocéenne ont écouté les vœux des marins pour leur offrir une journée parée des plus beaux atours : un ciel immaculé et assez d'air pour pouvoir jouer du réglage des voiles et du goût salé des embruns. Car plus qu'ailleurs, la Voile Classique a besoin de beauté pour exprimer tout son sens, pour faire valoir sa spécificité. C'est ce que dit David Dumoulin, propriétaire de Sirocco, un plan Burgess de 1945, mais aussi responsable du Pôle Voile Tradition à la Société Nautique de Marseille. « L'esthétique est un aspect important, le bateau doit être beau pour mettre en valeur le patrimoine qu'il représente mais aussi parce qu'il participe du spectacle sur l'eau. L'autre aspect incontournable de la Voile Tradition, c'est l'amitié qui s'y développe. Sur l'eau, c'est la compétition mais sitôt à terre, la franche amitié retrouve tous ses droits. Et ils sont importants Le bateau en devient même le ciment. »

Avant de se retrouver devant la Mairie pour refaire le monde entre compagnons d'une même passion, ces marins d'une autre planète ont dû se livrer sur l'eau et ferrailler dans des conditions rêvées car changeantes, histoire d'aplanir les différences entre les bateaux. Lancés dans un parcours d'une vingtaine de nautiques autour du Frioul, le vent de secteur Ouest bien établi a progressivement faibli pour permettre aux plus petits de rentrer. Les fées avaient l'esprit magnanime hier. Et Sirocco, comme d 'autres, a su profiter de l'aubaine. « C'est aussi ça l'esprit tradition, dit en riant David Dumoulin, on est solidaire. C'est plus qu'une simple idée, il y a beaucoup d'échanges entre nous, on s'enrichit les uns les autres. C'est aussi une certaine éthique, illustrée par la tenue des équipages qui sert aussi à souligner le respect qu'on partage entre nous... » L'homme est intarissable et ses propos transpirent la passion communicative.

A terre, la fête a commencé en attendant la soirée prévue au Fort Ganteaume. Et, accessoirement, les résultats...

Echos de tradition

Thistle pique encore et toujours

Le chardon écossais devenu marseillais fait partie du décor des Voiles du Vieux-Port, tout comme son propriétaire Yves Suignard, passionné majeur et incontournable sur les pontons du coin. Une belle histoire, encore, pour ce petit côtre aurique construit en 1890 pour le Royal Clyde Yacht Club sur des plans de Georges Lennox Watson et destiné à l'apprentissage des apprentis marins dans l'estuaire de la Clyde, dans le nord de la mer d'Irlande. Un bateau casanier qui, désormais, ne quitte pas la rade marseillaise, comme le confirme Yves Suignard : « Il ne faut pas que la mer soit trop grosse, le bateau est surtoilé et plutôt fragile. » Comme on a pu s'en apercevoir à la dernière Calanques Classique où il a démâté (il y a près d'un mois) et remarquablement et prestement remis en état par le chantier Scotto. Pour l'occasion, le plaisir est plus que jamais centré sur une convivialité active entre amis. « On ne dort pas à bord, les manœuvres demandent une attention constante. Mais on est là pour se faire plaisir. D'ailleurs, il y a toujours une canne à pêche à bord... »

Le retour classique d'Alain Fédensieu

Embarqué sur Nagaïna, le sloop Marconi de Frédéric Berthoz, le skipper marseillais aux larges horizons revient en classique. Grâce à un concours de circonstance suite au coup de téléphone d'une de ses amies quelques jours avant le début de ces Voiles du Vieux-Port. « J'avais participé à la Nioulargue il y a une quinzaine d'années, mais sinon, je n'ai guère quitté les embarcations modernes depuis cette date. L'ambiance, ici, est plus feutrée et rassemble des amoureux du beau, de l'esthétisme. Heureusement que ce monde existe, il défend notre patrimoine. » Sans compter qu'on y croise sur les pontons des hommes et des femmes de tous âges et d'expériences diverses. A l'image du nôtre, d'équipage, où règne une formidable ambiance dans le sillage du capitaine Dominique Surcouf. Côté navigation, le plaisir est tout aussi immense. « Evidemment, par rapport aux modernes, le rapport poids/vitesse d'exécution est différent. Cela demande beaucoup de finesse, de délicatesse dans les réglages, un peu comme un piano à queue qu'il faut maintenir accordé en permanence. Les architectes qui ont élaborés ces bateaux avaient un immense talent car ceux-ci sont magnifiquement équilibrés. D'ailleurs, ça navigue propre... » Un plaisir sophistiqué...

Les Canotiers Marseillais jubilent

Société de quelque 200 bateaux installée côté quai du Port, les Canotiers Marseillais prêtent leur infrastructures, bureaux et pannes, à la manifestation. Le président Daniel Federici se félicite de cette collaboration. « Nous faisons le lien avec les autres sociétés nautiques du sud du port et l'entente est cordiale. Nous sommes vraiment heureux de participer au succès et au développement de cette épreuve. Et j'espère que cela perdurera. » Un président heureux.

Classement général (après deux courses) :

Groupe Epoque Marconi 1 : 1. Jour de fête, 2. Irène VIII, 3. Nagaïna...

Groupe Epoque Marconi 2 : 1. Windhover, 2. Sonda, 3. Sirocco...

Groupe Epoque Aurique : 1. Nin, 2. Lulu, 3. Estérel...

Groupe Classique Marconi 1 : 1. Kertios, Emeraude, 3. Skylark of Sydney...

Groupe Classique Marconi 2 : 1. Oryx, 2. Maria Giovanna II, 3. Paihere...

 

 

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