01/01/1970

Du vent dans les voiles !

C’est le charme du plan d’eau marseillais. Chaque jour, on y trouve des conditions de navigation différentes. A l’occasion de cette 3e journée de voile classique, le vent a soufflé dans les voiles !

Au briefing du matin, le président du comité de course Jean-Marc Douroux avait un sourire aux coins des lèvres lorsqu'il a annoncé une météo favorable. Un vent établi à 12-15 nœuds avec des claques à 20 nœuds, sur un parcours côtier jusqu'à l'île de Riou. Et retour, tant qu'à faire. Du pain béni pour les collectionneurs d'images et les photographes, sur fond de blocs calcaires et d'imposants cumulo-nimbus éclairés par cette lumière marseillaise si particulière. Les îles Maïre et son Tiboulen, Jarre, Riou… et Marseilleveyre qui trône au fond, comme pour signer le décor. 

Sur l'eau, Mignon a joué du vent jusqu'à s'en faire éclater le spi à l'approche de Riou et, dans la traversée de la rade sud sur le chemin du Cap Caveau, a même vu un équipier tomber à l'eau. Le prix de la banane est en hausse...

Côté course, enfin, avant les décisions du jury saisi pour un problème de marque d’arrivée, Windhover le sloop Marconi en bois d'acajou (avec un mât en spruce) skippé part Marc Emig, s'est adjugé la course dans le groupe Epoque Marconi 2, devant Sonda et Sirocco. Un classement avec l'accent. Dans le groupe 1, le Nagaïna présidentiel s'est imposé, devant Irene VIII et Mignon.

En Epoque Aurique, le petit Lulu a devancé Esterel le miraculé au temps compensé. Et en Classique Marconi, Maria Giovanna 2 et Kertios l'ont emporté dans leurs groupes respectifs. A noter, le retour au port sous voiles de Palynodie II qui est allé affaler devant le quai de la Fraternité, dans la plus pure tradition des « Moonbeamer ». Les touristes (hongrois, islandais et autres) ont apprécié.

En attendant une bonne douche... 

Echos de tradition

L’homme qui parlait à l’oreille de son bateau…

Lorsque la famille Avazeri a acheté le côtre bermudien Ellen, en 1975, sa place dans le Vieux-Port se trouvait juste devant la Mairie... à la place exacte où il est amarré durant ces Voiles du Vieux-Port. Une plaque à son nom sur le quai au ras de l'eau en atteste. Mais si Marc Avazeri est si attaché à ce bateau, ce n'est pas seulement grâce de la famille, comme il l'explique lui-même. « Si on s'attache à ce genre de bateau, c'est à cause du bois. L'être humain est naturellement proche de la nature et des arbres. Un bateau en bois, c'est la seconde vie des arbres. Il m'arrive de parler à mon bateau, comme récemment lorsque, de retour de Saint-Tropez, j'ai pris dans un grain et cassé ma barre franche. Il y a des moments comme ça où l'on a besoin de rentrer en communication avec le bateau. » L'homme qui parlait à l'oreille de son bateau...

Mignon tout plein

Breton d'origine, Corentin Thiercelin vit à Marseille depuis une quinzaine d'années, mais l'occasion lui manquait de découvrir la rade phocéenne. Avec l'achat de Mignon (un sloop Marconi de 1905), il y a deux ans, il a pu combler cette lacune. Et découvrir les plaisirs de la Voile Tradition. « Grâce à David Dumoulin, explique-t-il, on l'a récupéré en Suède. On a beaucoup travaillé dessus, notamment l'aménagement intérieur. Et puis, on a rencontré ce monde. Je ne pensais pas qu'il y avait autant d'aficionados, autant de courses et de rencontres. » Et quand on lui demande de définir son plaisir, il n'a pas besoin de se creuser la tête : « Le plaisir, c'est l'objet. Voir naviguer ce genre de bateaux est tout simplement exceptionnel. Le décor y est aussi pour quelque chose, comme à Porquerolles où c'est magique. Ou ici à Marseille, c'est pas mal aussi... » 

Sonda ne cache pas son plaisir

Le sloop Marconi « 8 Metre Cruiser Racer » d'Eric Leprince affiche un état d'esprit enjoué. Comme le confirme le skipper Pascal Borel qui avait amené Florence Arthaud à ces Voiles du Vieux-Port. « On a un équipage de charpentiers et d'ingénieurs, s'amuse-t-il, et il y a un super état d'esprit à bord. L'objectif est de s'amuser et sur ce bateau, très « mâté » et assez facile à manier, on vit de beaux moments. » Confirmation de Fanny et de Carolina, équipières souriantes : « La voile classique, c'est le charme. La course sert juste à optimiser les réglages... » 

Président de l’association des Voiles du Vieux-Port : Frédéric Berthoz

Internet lesvoilesduvieuxport.com

Facebook Les Voiles du Vieux-Port – Twitter @VoilesVP

Photos libres de droit : Mention Pierik Jeannoutot

Rédaction Jean-Luc Chovelon

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