01/01/1970

En raison d’une panne d’alimentation éolienne, cette journée de mardi fut marquée par d’énormes écarts entre les voiliers de chaque catégorie. Au point qu’en fin d’après-midi, tous les yachts classiques n’avaient pas encore franchi la ligne d’arrivée d’un parcours pourtant raccourci… Ainsi par petits grappes égrainées au fil des maigres bouffées de brise, les yachts classiques en terminaient, harassés par ce néant vélique tels des galériens grecs aux portes de Troie.

Les Dieux du vent et de la mer somnolaient en ce début d’automne : dans un zéphyr anémique, les quatre-vingt-un yachts classiques s’ébrouaient difficilement dans un flux éthéré de Sud à Sud-Est de 3 à 5 nœuds. Difficile de trouver la bonne veine de brise pour atteindre la première des marques de ce parcours triangulaire (à l’origine) en baie de La Napoule ! Au point que toute la flotte se retrouvait compactée au large de la pointe du Barbier, dans l’Ouest de l’île Saint-Honorat… L’occasion pour tous ces spartiates marins de cerner la belle Elena, la plus grande goélette des Régates Royales de Cannes.

Mais ce fut finalement le 23mJI Cambria qui pris la poudre d’escampette pour s’imposer largement en temps réel lorsque le Comité de Course décida de réduire le parcours devant la pointe de Saint-Marc, au pied de Théoule/mer… Un triangle réduit à un grand « V » inversé comprenant un louvoyage laborieux suivi d’un grand largue sous spinnaker. Dans son tableau arrière, seuls pointaient le 15mJI Mariska et quelques persévérants qui avaient réussi à grappiller mètre par mètre les encablures qui leur manquaient pour contourner la première bouée. Une bouée noyée sous une chape de plomb, sans un souffle vaillant que certains mirent des heures à enrouler. Car une fois la marque débordée, le zéphyr reprenait un poil de vigueur pour un long bord de spinnaker vers l’arrivée de ce parcours réduit.

Une seule confrontation…
Du côté du golfe Juan, la météo n’était pas plus favorable pour enchaîner les manches ! Ce petit souffle poussif mettait à rude épreuve les nerfs des équipages de Dragon. Il fallut d’ailleurs plusieurs rappels généraux avant de lancer une course délicate à suivre au vu de ce magma éolien : un seul être manquait à l’appel (l’Estonien Otium disqualifié suite à un pavillon noir), mais le plan d’eau était loin d’être dépeuplé ! Ça se bousculait ferme au passage des bouées même si le Comité de Course se voyait contraint d’écourter la manche au profit du Russe Annatoly Loginov (Annapurna) poursuivi par le Britannique Yvan Bradbury (Blue Haze) qui confortait ainsi son leadership au classement général cumulé sur trois manches, et le Français Alain Lathioor (Révolte). Cela permettait d’éclaircir un peu le jeu avant une troisième journée de mercredi qui permettra d’y voir plus clair lorsque le plus mauvais score sera retiré du cumul des points… Mais d’ors et déjà, le classement du Top Ten ne semble plus se jouer qu’entre les quinze premiers sur les quarante-quatre Dragon présents à Cannes !

Quant au 5.5mJI et aux Tofinou, ils ne bénéficiaient eux aussi que d’un seul coup de canon : une manche délicate dans ces conditions aléatoires où attraper une risée était aussi complexe que trouver une aiguille dans une botte de foin… Des cinq prétendants, le Suisse Andreas Dyhk Petersen (Otto) s’extirpait le mieux de ce plan d’eau bien trop tranquille parmi les Métriques tandis que le Britannique Edward Fort (Pippa) habitué des Régates Royales-Trophée Panerai, reléguait les trois équipages français dans le tableau arrière de son Tofinou 9.5. Les conditions météorologiques devraient être plus coopératives dès demain mercredi avec la dissipation d’une zone orageuse sur le Mercantour, cette masse menaçante qui a quelque peu perturbé le déroulement de cette journéewww.regatesroyales.com

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